26.04.2008

"C'est comme si l'on voulait perpétuellement écrire l'avenir en noir et blanc"

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Il y a des printemps qui en rappellent d'autres.
 
Il flotte dans cette journée du 26 avril un parfum de liesse dans le camp démocrate. La convention vient de se terminer, avec seulement un quart d'heure de retard, il est 14h15. On a faim mais qu'importe, on est rassuré. Impossible de savoir combien de temps ce sentiment va durer, mais ça n'a aussi que peu d'importance.
On a eu l'impression pendant 3h30 de voir un parti soutenu, au chef décontracté mais réaliste, dont le discours souvent répété n'a pas pour autant fait place à la démagogie. Une matinée durant laquelle l'espoir est revenu non pas parce qu'on l'a invoqué, mais parce que le déroulement de chose a été presque parfait: un exposé pour la forme, des félicitations, mais également des échanges de fond. Rien d'extraordinaire, mais assez pour avoir l'impression lors de trois ou quatre interventions liées à l'actualité mondiale que l'on est sur la voie de la solidification d'un projet réaliste. L'élan européen m'a marqué et m'a presque ému ce matin. Avoir remis au goût du jour nos racines pro-européennes dans un tel enthousiasme, dans un consensus si applaudi, c'est certainement l'une des statisfactions majeures de cette convention du 26 avril.
Certes on pourrait trouver à redire sur l'absence de réponse au sujet de la fameuse consultation, sur le temps consacré aux interventions plus qu'aux éclaircissements, mais dans le fond ce n'est pas grave. L'ambiance, le déroulement de cette matinée ont suffit à rendre le moral aux troupes. Et ce n'est pas rien.
Enfin je dois souligner l'accessibilité de Marielle de Sarnez, qui après la fin des "festivités" a pris le temps de nous écouter Benoît Charvet (de l'association Modem et Centristes de Sciences Po) et moi-même. Les associations étudiantes du centre ne passent vraisembablement pas à côté des préoccupations de notre vice-président et de notre président François Bayrou lui-même. On a ainsi eu tout le loisir de soumettre à notre "n°2" la proposition d'une conférence étudiante à Sciences Po, projet qui de toute évidence, ne finira pas lettre morte.
 
Tout donc était réuni: bonne humeur, enthousiasme, conviction, organisation et accessibilité, pour faire de cette matinée un moment de politique comme on les aime. Et c'est peu dire que le MODEM en avait besoin ces temps-ci...

18.04.2008

Je quitte...les indécis

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Je quitte le camp des indécis pour celui des irresponsables.

Après deux semaines de surf intense sur la vague des bloggueurs insatisfaits (dont je fais bien sûr partie), il était temps de se faire une opinion. Il n'était pas question, de toute façon, de quitter le MoDem avant les élections fédérales - Remettre en selle la fédération de Paris est un objectif primordial qui pourrait redonner au Mouvement Démocrate une aura bel et bien perdue - mais une nouvelle question cruciale est apparue il y a cinq jours.

François Bayrou annonçait (voir note précédente) qu'il allait organiser une consultation interne qu'il faudra en réalité comprendre comme: "voulez-vous que je reste le président du MoDem?". Tout le monde se tâte, donc. Bayrou a monté quelque chose d'extraordinaire, mais n'a pas su tirer tous les fruits de sa popularité. Pire, il en a abusé. A force de croire qu'on est aimé c'est dans la prétention qu'on finit par tomber, une prétention qui s'est traduite électoralement puis humainement. Alors que faire? La question est de savoir si aujourd'hui, on pourrait faire vivre au MoDem un autre projet que celui prôné par FB. Rien de ce qu'il a pu dire ne va à l'encontre du désir des militants, à part peut-être ce côté victime qui veut cacher les manques réels et pour lesquels l'Elysée n'est en rien... Bref c'est une question de forme puisque l'indépendance, et donc l'isolement certain, était inévitable au moins au début. Alors les coups ont certes été mal joués, à paris surtout lors des municipales, c'est là la traduction d'une organisation interne est branlante. Mais le chef est toujours fidèle au poste. Dès lors ne pas voter pour la mention qu'il propose serait voter pour la remise sur pied de l'UDF, et donc pour la disparition (à tout jamais?) d'un parti politique indépendant des machines traditionnelles. En apportant notre soutien à notre "président", qu'il soit Bayrou ou un autre, on promeut la voix d'un mouvement central inédit, qu'il soit modem ou un autre.

Bayrou n'est pas éternel, nos valeurs si. Or pour les faire vivre nous avons absolument besoin de cette assise, de cette expérience, quels que soient les défauts de son propriétaire. Je n'ai pas peur de dire que le bayrouisme s'est éteint chez moi comme chez beaucoup d'autres, et ce n'est pas un mal. Mais à l'inverse, je ne serai jamais de ceux qui crachent sur celui qu'ils ont adulé dix mois plus tôt. Bayrou est indispensable, ne nous en cachons pas, et la modération doit être de mise. Entre le fanatisme et la détestation, il y a l'admiration raisonnable d'un homme brillant, qui n'a cependant pas compris ce qu'il nous devait depuis un an. Souvenons-nous juste que nous avons besoin les uns des autres, puisque le culte de la personnalité inhérent à la présidentielle s'est logiquement dissout. Nous devons rester unis.

Unis parce que je ne me vois nulle part ailleurs en vérité, et je ne suis pas le seul. Je soutiendrai donc François Bayrou dans cette consultation de la dernière chance. L'indécision a fait son temps, ça y est. Maintenant que l'exode est terminé revenons à nos moutons, et traçons ce que nous avions commencé à dessiner. Le choix, nous ne l'avons plus. Est-ce que nous voulons être à l'UMP? être au PS? être dans une formation marginale? Certainement pas. Nous voulons d'un parti du centre qui soit capable, dans cinq ans, de réunir un groupe à l'Assemblée pour faire ce qui n'a jamais été entrepris sous cette République de vieux, de conservateurs et d'opportunistes attachés à leurs triples mandats. Nous sommes jeunes, nous sommes motivés, nous disposons d'un projet de société efficace, applicable aujourd'hui. Assez des oppositons stériles, des "oui" "non" de façade obligatoires parce qu'on l'a promis par écrit signé au début du mandat. Nous ferons ce qu'il faut pour sortir de l'absolutisme des institutions qui nous sont imposées, et qui favorisent la péromption d'une vie politique inerte. En France on aime la politique, mais on aime pas les changements dans notre politique. Nous ne sommes pas révolutionnaires, juste réformateurs. Il faut respecter des règles du jeu injustes? Très bien, on s'y fera, s'il faut passer par là. Mais le vrai objectif, nous l'avons tous à l'esprit.

Ces six mois de construction ont été mal rédigés et mal concus. Ce qui est bien avec la gomme de la politique française...c'est que lorsqu'on efface, on peut réécrire derrière.