17.09.2009
De l'importance d'un Mouvement Jeune
Il était 18h30 au siège du Mouvement Démocrate à Paris. Ce jeudi n'avait à priori rien d'extraordinaire.
Ma mission de la journée se résumait à donner un coup de pouce aux étudiants nouvellement responsables de l'association "MoDem Sciences Po". Il s'agissait d'une petite visite du siège et d'une modeste razia dans le stock de produits centristes du 133 bis rue de l'Université, véritable voyage dans le temps entre les cartons inépuisables de stylos UDF et les drapeaux préservés de feu Force Démocrate. Bref, à quelques jours de l'envoi de 70 000 tracts étudiants par colis faits main, le beau temps avant la tempête.
Il est 18h30 et nos étudiants se dirigent vers la sortie lorsqu'un membre important de notre Mouvement, François Bayrou, nous croise en remontant dans son bureau: "Tout va bien les jeunes?". Hasard étrange, il se trouve que nous discutions trente secondes auparavant du désamour de ce furtif passant pour les mouvements politiques jeunes. Désamour légitime ou pas? Notre réponse n'a pas été longue à trouver.
Un Mouvement Jeune est vital
Comment passer pour la première fois le péron d'un siège ou d'une permanence? A qui demander ses premiers tracts, sur le marché ? Où aller pour rencontrer les contacts qui vous suivront, comme des parains bienveillants, tout au long de votre "vie partisane"? Comment découvrir pour la première fois le goût de la responsabilité politique? A toutes ces questions il n'existe qu'une réponse: les "Jeunes". Bien loin du sectarisme jeuniste, d'une quelconque jalousie des aînés, j'en suis convaincu comme beaucoup d'autres c'est une nécessité. A plusieurs titres.
Premières impressions
Si je n'étais pas tombé, un soir de mars 2007, sur un Jeune UDF souriant qui le verre et la chips à la main m'a lancé un "Monte dans la Ford", je n'aurais certainement pas collé "Osez Bayrou" dans Paris jusqu'à 1h du matin. Par là-même je n'aurais sans doute pas oublié l'idée de m'engager, mais bien celle de pouvoir trouver ma place, à 17 ans, dans un parti politique.
Autre Vision
Auriez-vous vu le "Sexy centrisme" sortir de la bouche d'un sénateur en Bureau exécutif ? Non. C'est une question de vision. Imaginez-vous des militants de 40 ans organiser la soirée de l'Université de Rentrée? Non plus, et c'est normal. Une structure jeune a des spécificités, une identité. Elle fournit un service au parti: une image et la meilleure des mains d'oeuvre, insouciante et prête à tout ou presque pour voir gagner son idéal. En retour naturellement, il lui faut quelque chose...
Ambition
Un parti ne vit que par son renouvellement, par la récompense des enthousiastes qui ne comptent par leur temps. Son moteur, sa dynamique est celle des générations montantes, de tous âges, générations en maturation perpétuelles qui doivent trouver leur place. Seulement la différence entre la génération montante de 40 ans et celle de 20, c'est bien cette fameuse place qui lui est octroyée dans la machine partisane: celle ou non, de la responsabilité.
Or s'engager en politique, seuls les hypocrites le nieront, c'est avoir de l'ambition. Si le pas de l'adhésion est celui du coeur, pleinement altruiste, celui de la responsabilité est souvent moins glorieux mais tout aussi nécessaire: il nous faut des fous prêts à passer des heures, des journées à organiser des tractages, des débats, des meetings, des réunions à n'en plus finir...ou nous ne sommes plus un parti. Et la récompense de cette folie, c'est la responsabilité.
Pourtant sans mouvement jeune, comment ambitionner autre chose que "manutentionnaire stagiaire" avant ses 35 ans - âge comparable, sur la scène politique, à celui d'un bébé né prématuré - ? Seul le Mouvement Jeune permet d'accéder aux premières responsabilités, de pouvoir exister et d'être récompensé de ses efforts avant l'arrivée des premières rides et donc des grandes désillusions. J'en suis peut-être le meilleur exemple, projeté Vice-Président des Jeunes Démocrates à 18 ans. Et comme dirait l'autre, oh que "non, je ne regrette rien". L'expérience acquise chaque jour chez les JDEM est un trésor que malgré les tensions internes et les problèmes de personne, je souhaite à tous.
Bref vous l'aurez compris, ce billet est une ode à l'existence des mouvements jeunes, à celle des Jeunes Démocrates et si j'en avais l'occasion, je ne manquerais pas d'en toucher un mot à ce membre important de notre Mouvement.

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30.08.2009
Le Mouvement qui perdait son Nom
19:56 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : modem, mouvement démocrate, presse, quotidiens, magazines
29.08.2009
Heureusement qu'ils sont là
Une semaine sans rien dire, et voilà que le Mouvement Démocrate est en haut de l'affiche. Heureusement que le PS et les rédactions sont là.
Il est 9h30 à Sciacca. Le complexe hôtelier abrite son échoppe, où les touristes français et italiens se ruent chaque matin. Libération et Le Monde sous le bras, c'est assez pour profiter d'un transat sans avoir le sentiment de quitter le monde réel.
Passent le premier week end avec "la main tendue de Peillon au MoDem", puis arrive le lundi des "avis du PS sur un rassemblement du PCF au MoDem", les réactions de Marielle de Sarnez le mardi, la tribune des "vertues bayrouistes" d'un maire PS le mercredi, les "préparations de l'université de La Rochelle et la question centrale du MoDem" le jeudi. Je partais trop tôt hier matin pour terminer ma collection, mais les débuts avaient été tellement prometteurs que le doute n'a pas duré: le MoDem a bien eu Sa semaine, complète.
Une semaine de médiatisation, sans effort.
Bayrou peut continuer à profiter de ses vacances publiques avant notre Université de rentrée, le PS se charge de notre communication. Pas un jour sans que l'un des cadres socialistes s'exprime sur des "alliances inopportunes", sans que l'autre réplique par des "soyons pragmatiques", les doubles pages se succédant pour évoquer, imaginer, s'avancer sur ce fameux ralliement éventuel. "PS+MODEM", l'histoire d'amour la plus conflictuelle de l'été.
Pourtant les prestations médiatiques du Mouvement Démocrate se sont résumées au discours de Marielle de Sarnez lors du rassemblement de Vincent Peillon, à une réaction de Jean-Luc Bennahmias et à la signature par Peyrelevade de "l'appel des 100" pour des primaires socio-démocrates. Autant dire le désert, comparé à l'encre écoulée pour inscrire le mot "MoDem" une fois par paragraphe politique de la presse quotidienne française. Merci à la "petite" actualité de l'été? Peut-être, et alors? Nos promoteurs (loin des billets de Christophe Ginisty), ont été le PS et les rédactions, de leur plein gré.
Une Université de Rentrée d'autant plus attendue
Les questions sans cesse répétées par les socialistes cette semaine, encore hier par Martine Aubry: "Etes-vous avec nous ou pas?!" sont une aubaine. La mayonnaise monte, les interrogations s'installent et se crée de toute pièce une pression dont nous seul avons le pouvoir de faire sauter le bouchon. Le mystère (relatif) de notre alliance est amplifié par notre mutisme. Mutisme qui trouvera certainement son terme le dimanche 6, lors du discours de clôture de l'UR et de politique générale par François Bayrou.
Nous sommes attendus, et avons l'occasion inespérée de marginaliser le campus des Jeunes Pop', que l'UMP prend systématiquement plaisir -de bonne guerre- à programmer le même week end que nous, histoire de confisquer les journalistes. Chacun son tour...
Finalement, cet été, le parti déchu des législatives, des municipales, des européennes, a mieux survécu que jamais. Il n'est pas grand chose et beaucoup à la fois. Dommage. Si seulement nous avions un programme définitif après un an et demi de création il serait devenu beaucoup, seulement beaucoup.
16:48 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : modem, actualité, été, mouvement démocrate, ps


