18.04.2008

Je quitte...les indécis

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Je quitte le camp des indécis pour celui des irresponsables.

Après deux semaines de surf intense sur la vague des bloggueurs insatisfaits (dont je fais bien sûr partie), il était temps de se faire une opinion. Il n'était pas question, de toute façon, de quitter le MoDem avant les élections fédérales - Remettre en selle la fédération de Paris est un objectif primordial qui pourrait redonner au Mouvement Démocrate une aura bel et bien perdue - mais une nouvelle question cruciale est apparue il y a cinq jours.

François Bayrou annonçait (voir note précédente) qu'il allait organiser une consultation interne qu'il faudra en réalité comprendre comme: "voulez-vous que je reste le président du MoDem?". Tout le monde se tâte, donc. Bayrou a monté quelque chose d'extraordinaire, mais n'a pas su tirer tous les fruits de sa popularité. Pire, il en a abusé. A force de croire qu'on est aimé c'est dans la prétention qu'on finit par tomber, une prétention qui s'est traduite électoralement puis humainement. Alors que faire? La question est de savoir si aujourd'hui, on pourrait faire vivre au MoDem un autre projet que celui prôné par FB. Rien de ce qu'il a pu dire ne va à l'encontre du désir des militants, à part peut-être ce côté victime qui veut cacher les manques réels et pour lesquels l'Elysée n'est en rien... Bref c'est une question de forme puisque l'indépendance, et donc l'isolement certain, était inévitable au moins au début. Alors les coups ont certes été mal joués, à paris surtout lors des municipales, c'est là la traduction d'une organisation interne est branlante. Mais le chef est toujours fidèle au poste. Dès lors ne pas voter pour la mention qu'il propose serait voter pour la remise sur pied de l'UDF, et donc pour la disparition (à tout jamais?) d'un parti politique indépendant des machines traditionnelles. En apportant notre soutien à notre "président", qu'il soit Bayrou ou un autre, on promeut la voix d'un mouvement central inédit, qu'il soit modem ou un autre.

Bayrou n'est pas éternel, nos valeurs si. Or pour les faire vivre nous avons absolument besoin de cette assise, de cette expérience, quels que soient les défauts de son propriétaire. Je n'ai pas peur de dire que le bayrouisme s'est éteint chez moi comme chez beaucoup d'autres, et ce n'est pas un mal. Mais à l'inverse, je ne serai jamais de ceux qui crachent sur celui qu'ils ont adulé dix mois plus tôt. Bayrou est indispensable, ne nous en cachons pas, et la modération doit être de mise. Entre le fanatisme et la détestation, il y a l'admiration raisonnable d'un homme brillant, qui n'a cependant pas compris ce qu'il nous devait depuis un an. Souvenons-nous juste que nous avons besoin les uns des autres, puisque le culte de la personnalité inhérent à la présidentielle s'est logiquement dissout. Nous devons rester unis.

Unis parce que je ne me vois nulle part ailleurs en vérité, et je ne suis pas le seul. Je soutiendrai donc François Bayrou dans cette consultation de la dernière chance. L'indécision a fait son temps, ça y est. Maintenant que l'exode est terminé revenons à nos moutons, et traçons ce que nous avions commencé à dessiner. Le choix, nous ne l'avons plus. Est-ce que nous voulons être à l'UMP? être au PS? être dans une formation marginale? Certainement pas. Nous voulons d'un parti du centre qui soit capable, dans cinq ans, de réunir un groupe à l'Assemblée pour faire ce qui n'a jamais été entrepris sous cette République de vieux, de conservateurs et d'opportunistes attachés à leurs triples mandats. Nous sommes jeunes, nous sommes motivés, nous disposons d'un projet de société efficace, applicable aujourd'hui. Assez des oppositons stériles, des "oui" "non" de façade obligatoires parce qu'on l'a promis par écrit signé au début du mandat. Nous ferons ce qu'il faut pour sortir de l'absolutisme des institutions qui nous sont imposées, et qui favorisent la péromption d'une vie politique inerte. En France on aime la politique, mais on aime pas les changements dans notre politique. Nous ne sommes pas révolutionnaires, juste réformateurs. Il faut respecter des règles du jeu injustes? Très bien, on s'y fera, s'il faut passer par là. Mais le vrai objectif, nous l'avons tous à l'esprit.

Ces six mois de construction ont été mal rédigés et mal concus. Ce qui est bien avec la gomme de la politique française...c'est que lorsqu'on efface, on peut réécrire derrière.

13.03.2008

De l'indépendance à la solitude

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Avant-propos:

Je me suis impliqué dans le XVe arrondissement, dans une équipe formidable, aux côtés d'une tête de liste exemplaire. Elisabeth de Fresquet n'a pas eu le score qu'elle méritait. J'ai été on ne peut plus fier de porter les couleurs de notre mouvement, quels qu'en aient été les résultats. Avec 7,45% des suffrages, nous ne pourrons pas nous battre pour le deuxième tour, mais nous n'avons rien à regretter.

Mon seul et unique regret, profond, est celui d'avoir vu sacrifier l'importance politique de notre mouvement sur l'autel de la maladresse (et de l'égo?) de certains.
 

A 23h50 ce dimanche, le Mouvement Démocrate faisait un score inférieur à ce qu'on lui avait prédit sur l'ensemble de Paris: 9% . A 23h55 c'était les premières remarques, “quelles alliances?”, “vous serez pas trop difficiles dans les négociations”, “la gauche a pas trop besoin de vous finalement mais venez quand même”. La seule main tendue, bien inattendue elle, était celle de Françoise de Panafieu, qui soutenait mordicus qu'elle voulait s'allier au MoDem pour ce second tour. Delanöe lui, estimait au même moment qu'il y aurait des discussions, mais que les partenaires traditionnels lui suffisaient. En 24h le vent avait tourné mais peu importe.

A 19h30 lundi la décision tombe: il n'y aura pas d'alliance. Marielle de Sarnez décide de maintenir ses listes encore en lice dans les 5e, 7e et 14e arrondissements. De son côté François Bayrou a refusé les propositions de l'UMP. C'est dit, clair et net. Cela peut -pourquoi pas- passer pour une déclaration d'indépendance, certainement un symbole fort, mais ça ne suffit plus, il nous faut des élus. Car le bémol est majeur :il n'y a pas eu le moindre accord entre le MoDem et ses partenaires au sujet des listes ayant recueilli des scores inférieures à 10%. Cela alors que coup du sort, dans plusieurs arrondissements, le maintien au deuxième tour a été manqué de19 voix dans le 6e, de 27 voix dans le 12e, à 56 voix dans le 17e. Rageant, mais il y avait quelque chose à faire. Or non, ces scores ne serviront à rien, aucune fusion n'aura lieu.

Le risque annoncé s'est changé en certitude pour le Mouvement Démocrate: celui de n'avoir que très très peu, voire aucun élu à Paris.

Certes c'est un pied de nez inattendu à ceux qui voyaient d'avance les oranges tomber comme des mouches pour sauver quelques maigres places aux conseils de Paris. Oui le Mouvement Démocrate s'est créé dans un élan inédit pour l'indépendance au delà des machines droite/gauche et doit rester fidèle à ses convictions, mais la volonté d'indépendance ne doit pas se changer en prétention.

Il serait donc ironique de dire que notre projet politique pour Paris et pour la France est sorti vainqueur par les urnes en ce lundi. Nous avons l'espoir que cet électrochoc et la maladresse de la stratégie employée cette semaine servira de leçon. Nos électeurs, eux, attendront qu'on leur en fasse la preuve.