23.10.2009

La fin d'une époque

Je n'aurai pas la prétention d'un "Au revoir", ni la grandiloquence d'un "Je m'en vais". Ce billet n'est même pas une mise au point, il n'est qu'une information livrée simplement.

J'ai décidé de quitter le Mouvement Démocrate, et par là même ma fonction au sein du Bureau National des Jeunes Démocrates. Ce départ est presque naturel, sans amertume. Il est le fruit d'une lassitude progressive contre laquelle je me suis battu sans jamais retrouver l'élan qui m'avait poussé à passer pour la première fois le pas de la porte du Siège, en février 2007.

L'ingratitude ne peut pas être loi dans un parti, dans lequel ma seule source de réconfort aura été la structure jeune. Les Jeunes Démocrates auront été un tremplin, une chance, un terrain de rencontres formidables que les conflits internes n'auront jamais ébranlés. Malheureusement ça ne suffit pas.

Pour sacrifier son temps libre, son énergie, son argent à une cause, encore faut-il qu'elle vous porte. Sans projet, comment un parti politique pourrait avoir cette ambition? "Attends, le congrès programmatique d'Arras arrive!" Mais une réunion de validation programmatique ne rend aucun rêve. C'est au mieux, après deux ans de création, une opération de dernière séduction. Celle qui dit à ses militants "non, ne partez pas, laissez nous du temps nous pouvons faire mieux". Or l'aventure politique est une histoire de coeur qui, dans mon cas, touche à sa fin. Vous savez, ces histoires amoureuses qui dans leur acte final, voient l'un des deux admettre cent fois ses erreurs et promettre de changer, inutilement. Quand la flamme s'est éteinte il ne sert plus à rien de se débattre, et la bonne foi du désespéré n'y changera rien. Un tel gâchis ne se recycle pas.

 

Quand l'instinct profond rejoint la raison, il faut s'y plier.

 

 

Commentaires

"Vous savez, ces histoires amoureuses qui dans leur acte final, voient l'un des deux admettre cent fois ses erreurs et promettre de changer, inutilement. Quand la flamme s'est éteinte il ne sert plus à rien de se débattre, et la bonne foi du désespéré n'y changera rien. Un tel gâchis ne se recycle pas." : C'est très joliment dit...Bon vent donc.

Ecrit par : Orange Sanguine | 23.10.2009

t'as rien pigé, toi !

Ecrit par : Mirabelle | 23.10.2009

Encore une personne de valeur qui part ! Je ne te connais pas parfaitement mais je connais ta valeur et ton engagement pour t'avoir croisé de nombreuses fois au siège du MoDem où tu n'as pas ménagé tes efforts pour faire avancer des projets. Tu nous quittes et comme je l'avais prévu, tu rejoins les cohortes entières qui se détache du MoDem à cause de son inertie, de ses méthodes qui malgré notre idéal de 2007, n'ont pas tellement changé de l'UDF.

Comme on dit "L'essentiel, c'est d'avoir envie". Tu as décidé de partir mais sache que tu seras regretté par certains militants comme moi qui se sont beaucoup engagés. Tu pars aussi pour arrêter. C'est dommage mais tu gardes le respect de beaucoup.

Pour ma part, j'ai décidé de rester, de me battre pied à pied pour faire que la politique soit faite autrement. Passé le coup sur la tête, il faut se remettre en place et y aller.

Au revoir donc et bon courage !

Ecrit par : Orange pressé | 23.10.2009

Le militantisme est toujours décevant. Il y a bien mieux à faire.

Ecrit par : Hervé Torchet | 24.10.2009

Et vous allez où ?

Ecrit par : centriste | 29.10.2009

Je le savais, mais je n'avais pas lu ta note. Elle est très belle, et je suis d'accord avec ce que tu dis.
Je regrette ton départ car tu fais partie des gens qui ont donné sincèrement leur temps pour faire avancer les choses. Pour ma part je reste car je ne vois nul autre endroit où aller, et je n'arrive pas à me convaincre d'arrêter la politique.
Comme pour tous ceux, de valeurs, et de plus en plus nombreux, qui font le même choix que toi, Arnaud, je ne peux que souhaiter qu'on puisse à nouveau faire des choses intéressantes, tous ensemble, un jour

Ecrit par : Philippe MASSON | 04.11.2009

Militer ne peut être qu'une histoire passionnelle sinon elle est voué à la désillusion car ce que l'on attend de l'autre n'est issu que d'une image idéalisée.
C'est la volonté de créer et de faire vivre de ses main qui nous pousse encore lorsque l'inévitable désillusion semble l'emporter.

La lassitude est alors, en effet, l'ennemi désigné de l'engagement. Elle ne se vainc que par une bonne dynamique de groupe, ce qu'il manque sans doute précisément au MoDem en ce moment... (et qui lui a peut être toujours manqué, jeunes mis à part évidement)

Ecrit par : Florian | 04.11.2009

Arnaud, bravo pour ta note, bravo pour ton panache.

Tu es certainement l'un des rares avec qui j'ai pris beaucoup de plaisir à travailler au sein du bureau. En dépit de quelques errements de jeunesse au départ, tu es l'un des seuls à expliciter les raisons de ton engagement et à te tenir à la ligne politique qui t'avait fait t'encarter.

En politique, rien n'est pire que le renoncement, et ton départ montre que tu n'as justement pas renoncé à tes idéaux.

J'espère sincèrement que l'on pourra se recroiser prochainement, dans un parti centriste ou ailleurs.

Quentin

Ecrit par : Quentin Thevenon | 04.11.2009

Merci pour ces messages, de soutien pour la plupart.
Comme tu l'as dis Quentin, tout est histoire de convictions. Lire "Je n'ai nulle part d'autre où aller", constat commun à beaucoup de militants du MoDem (et le mien bien sûr avant de partir), amène cette interrogation toute bête: "Et avant le MoDem, c'était comment?". Réponse: j'avais déjà des convictions, je n'étais nulle part, et j'étais bien quand même. Vouloir faire partie à tout prix d'un machine politique ou du plus petit club, réprimer ses convictions au profit d'une structure qui n'y correspond plus, c'est tout le contraire de l'engagement politique. C'est le geste du passionné, du militant qui aime tant la politique qu'il veut en faire coûte que coûte, mais ça n'est pas une source suffisante (légitime?) de motivation pour durer.
Enfin bref, j'arrête mes introspections et remercie encore les réconfortantes bienveillances que j'ai lues plus haut, en souhaitant bon courage à tous ceux qui restent sur le bateau!

Ecrit par : Arnaud | 04.11.2009

Salut Arnaud,

Je découvre ce billet à l'instant.
On a trop peu travaillé ensemble mais ce que j'ai entrevu m'avait bien plu.Heureux de t'avoir croisé.
sinon, pour ce qui est de revenir à "la vie d'avant le modem", ça c'est un vrai bon programme, profites-en bien.

A+

Mohamed

Ecrit par : Mohamed B. | 18.11.2009

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