15.04.2009
Campagnes électorales: le temps (et les oreilles) changent
Les temps ont bien changé dans la lutte pour le pouvoir, au moins musicalement. Et ce n'est pas dommage.
Jusqu'il y a encore dix ans, les candidats les plus populaires avaient leur chanson, leur hymne, leur "vooteez pour luiii" capable de faire vibrer les foules venues acclamer leur champion. Aujourd'hui cette pratique n'est plus totalement révolue, mais elle est loin d'être mise en avant (ouf).
Désormais ces morceaux partisans, légers, servent d'avantage à donner une touche "jeun's" au candidat qu'à l'introduire avant ses discours. Cela permet de mettre le trop plein de sérieux de côté et de montrer à quel point le politicien en question sait faire preuve d'autodérision. (cf: "Strauss-Kahn y va gagner", 2006)
Ici, les chansons de campagne les plus has been (à écouter absolument: "Jacques Chirac, maintenant")
En dessous, "Rebellion" d'Arcade Fire (campagne de F.Bayrou en 2007) qui est un titre objectivement très bien choisi et qui marque la nette différence avec les horreurs de l'époque. On ne créé plus désormais une chanson pour une élection, on va piocher dans le bagage immense de morceaux entraînants qu'on reprend à sa sauce pour faire lever les foules au Zénith ou à Bercy.
Un bon exemple donc avec à gauche, le clip original de Rebellion et à droite, le clip de campagne 2007. Si après ça quelqu'un regrette encore le son des 80's...
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08.04.2009
Ne pas être Jeune UMP.

Je viens de tomber, par hasard, sur une vidéo facebook prise par l'ami d'un ami d'une connaissance. Vidéo titrée "Présidentielle 2007", sur laquelle des centaines des milliers de jeunes partisans et sympathisants de l'UMP vivent à fond le deuxième tour de l'élection présidentielle.
C'est en voyant ces images qu'un profond sentiment de rejet s'est emparé de moi et a brutalement effacé toute l'indifférence qui peut s'accumuler au fil du temps. Indifférence non pas vis à vis de son propre parti mais vis à vis des autres, des autres partisans et sympathisants. Ce n'est ni mon genre ni la base de mes valeurs (et des vôtres en tant que modémiens) de laisser ressurgir ce sentiment primaire de rejet de ses opposants politiques...et pourtant.
Avoir une mèche, habiter le 16e arrondissement et étudier à Assas, voilà les clés d'à priori politiques systématiques. Combien de fois j'y ai eu droit: "Ah tu t'intéresses à la Politique? T'es à l'UMP non?" Autant dire qu'il faut se canaliser pour ne pas laisser partir un "je t'emmerde" outrageux mais honnête qui ferait plutôt mauvais genre sur le quai chicos de la ligne 6 station "Trocadéro".
Après le "fuck you" intérieur, place donc à la réflexion.... "3 minutes avant la prochaine rame, c'est bon y a le temps pour une brève remise en question politique". Très brève, parce qu'après seulement 15 secondes ressurgissent toutes les raisons irréfragables (pas étudiant à Assas pour rien) qui font détester ces vidéos de Jeunes UMP, et encore plus détester d'être pris pour l'un des leurs.
1. Les valeurs : "Pourquoi j'ai milité pour Sarkozy? Bah tu trouves pas que c'est dégueulasse quand même de bosser et de se taper 40% de charges pour des mecs qui en foutent pas une et à qui on finance le RMI?"
2. L'idole(s) : Il y en a un seul et beaucoup à la fois. C'est un hymne à Sarkozy autant qu'un culte à tous les autres. De Pécresse à Copé en passant par Bertrand, chacun a son fan club et s'en porte très bien. A ce petit jeu là le MJS n'est pas mauvais non plus, à la différence qu'à un débat du MJS, pas besoin de montrer sa carte d'adhérent pour avoir une place devant.
3. Les soirées: Louer une boîte de jeun's parisiens en ébullition hormonale et s'y montrer en dansant avec un cocktail à son nom. J'ai encore l'air de généraliser mais non, c'est semble-t-il une tradition, Sarkozy avait aussi comme il se doit "moové son booty" pendant la campagne présidentielle.
4. Méthodes de campagne: Je ne pouvais pas les ranger dans la même catégorie mais celles-ci se rapprochent largement de la troisième tant les soirées "pump it up" sont présentes lors des campagnes éléctorales des Jeunes à l'UMP. Roger Karoutchi se présente en interne pour les Régionales? Hop, aux Planches. Le Zénith est rempli en avril 2007? Allez, on ne peut pas finir sans des Yamakazis qui sautent des gradins du haut et David Guetta qui mixe au milieu des drapeaux par milliers. Du show, et encore du show quitte à ce que l'on éclipse tout simplement la notion de politique à un meeting électoral.
Il y aurait encore beaucoup à dire même si ce billet peut sembler puérile et oui absolument, il aurait certainement été plus constructif d'exposer un pourquoi "Etre Jeune Démocrate" mais...je n'ai pas pu me retenir.
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