27.01.2009

Se réjouir ou pas

L'opportunité était à saisir, espérons que ce ne soit pas un coup dans l'eau inutile alors que cette motion n'a mathématiquement pas de chance de passer. Ce qui est sûr en tous cas, c'est que par sa Une Internet, Libé fait un beau pied de nez à ceux qui voyaient le chef de file du MoDem enterré médiatiquement.

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23.01.2009

Université: Faut-il tout changer?

cours_d_amphi_01.jpgLa démocratie, est-ce fournir l'accès de l'enseignement supérieur au plus grand nombre, ou garantir le plus de réussite possible à ceux qui se donnent les moyens d'étudier?

La question de l'université au 20e siècle en France était celle là et nous avons choisi, conformément à nos idéaux républicains, la première solution. Loin d'être la solution de facilité pour un Etat, est-ce pour autant la solution la plus généreuse qui donne les meilleurs résultats? Se remettre en cause ne court aucun risque, cette réflexion n'est donc pas une ode au système privé américain mais une mise à plat succinte, suite logique au poste qui est le mien au sein des Jeunes Démocrates (et qui n'engage cependant que moi).

Gratuité, mauvaise idée?

Une année d'inscription à l'université coûte entre 150 et 450€. Tous les services sont inclus, du sport à la bibliothèque en passant par les déjeuners au CROUS à 2€ et les réductions étudiantes à peu près valables dans tous les lieux culturels (au moins dans la capitale). Le Service Public français de l'Université est une machine impressionnante, un exemple de redistribution unique au monde. Le budget, réparti entre les établissements publics qui financent les études et les collectivités (en particulier la Région) qui financent les aides annexes est une démonstration d'organisation, si l'on met de côté le détail de la dette nationale, qui bien évidemment pâtit de ces dépenses supérieures aux rentrées fiscales. Dépenses utiles, ou inconsidérées?

Gratuité pour qui?

Premier constat: les étudiants en France sont nombreux, très nombreux et ça paraît logique au vu des moyens d'incitation et d'aide mis à disposition, bourse en premier lieu. Mais lorsque 50% des 1ères années chutent aux examens et que le même pourcentage d'étudiants ressort sans aucune qualification, la question n'est plus celle de l'incitation, elle est celle de la motivation.

Les étudiants démotivés ou tout simplement sans pression sont monnaie courante. Pourquoi? Parce que le redoublement n'est pas une question d'argent. Le redoublement est devenu la norme, quasi-gratuit, il n'est pas répréhensible. Les bourses sont délivrées même après un redoublement, les universités acceptent 3 redoublements pour la Licence (qui dure normalement 3 ans et non 5 comme c'est le cas pour certains étudiants pas si uniques en leur genre).

Le monde du travail n'est pas sans pression, le monde universitaire lui, ne l'est que pour les bons élèves et les passionnés. Les autres découvrent bien souvent les joies du travail lors d'un redoublement partiel (seulement pour une partie des matières), ce qui leur donne des horaires plus qu'aménagés et la possibilité de gagner leur vie. Engrenage qui les éloigne bien vite des amphis et de l'envie d'étudier pour avoir une vie d'adulte loin du crochet parental.

Les écoles, exemple à suivre?

La quasi-gratuité c'est le lot de toutes les universités, pas des écoles. Or l'argent dans ces établissements privés est une pression qui oblige les étudiants à se donner du mal. Et qui leur procure des moyens. Car les moyens, c'est là l'élément essentiel.

C'est bien beau d'avoir accès à du sport lorsqu'il y a un coach pour 45 élèves, à une bibliothèque lorsqu'elle est vétuste, à un CROUS lorsqu'il y a 10 tables pour 250 affamés, mais on tombe dans le ridicule. On assiste à un mensonge d'Etat avoué, à une hypocrisie assumée concernant des moyens que l'on veut gratuits, mais pathétiquement réduits. Or des conditions de travail décentes passent obligatoirement par un relèvement des montants d'inscription et une plus grande autonomie des universités. Les syndicats étudiants hureleraient en taggant les locaux de Tolbiac si cette solution était retenue par le gouvernement actuel mais cette piste me semble pourtant être la piste du bon sens. L'université c'est un coup indirect évident en terme de logement, de nourriture, de vie.

Ce qui coûte à l'étudiant est externe à l'enseignement! Ce ne sont pas les frais de scolarité qui obligent certains étudiants à travailler en temps partiels et CDD mais leur vie quotidienne! Doit-on sacrifier de tels efforts de la part des moins aidés familialement par un service quasi-gratuit mais qui ne tient jamais ses promesses? En vérité la réussite d'un étudiant ne dépendra jamais de ses frais de scolarité tant que ceux-ci se situeront en dessous du seuil très raisonnable de 1000€ par an. Je ne parle pas de privatisation, des 4000€/ trimestre demandés par beaucoup d'écoles parisiennes et encore moins des 15 000$/an qui sont courants dans les pays anglosaxons, mais il s'agit de rationnalité et d'efficacité, pas de libéralisme.

Les promesses du 20e siècle doivent laisser la place aux évolutions du 21e, en commençant par un idéal démocratique réaliste, loin des quelques irresponsabilités socialistes et mitterandiennes du Tout Etat. Ce modèle d'enseignement nous l'avons essayé et nous en subissons malheureusement les échecs permanents, à nous désormais de proposer une solution douce mais sans démagogie.

A.J