25.08.2008

Pas de poils chez nous

 

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Figaro de ce matin. Je l'ai trouvé avec étonnement sur la pile des quotidiens de la table du petit déjeuner, pas si déçu que ça, trop curieux de savoir qui avait été élu la veille président de nos meilleurs ennemis: les Jeunes Pop. Ok je l'avoue, je l'ai ouvert avant Libération.

Page 4, donc. Je découvre l'info que je cherchais dans un encadré qui m'a paru étonnemment modeste. Ce journal national-le seul délivré gratuitement à l'entrée d'Assas, au cas où trop d'étudiants de droit seraient tentés par une révolution de moeurs politiques innébranlables depuis trente ans- faillirait-il à sa tâche? Celui que nous avons coûtume d'appeler le "Journal Officiel" sur les bancs de l'amphi aurait-il oublié sa vocation d'analyse positive du parti pendant les vacances? En tous cas l'évenement m'a paru franchement peu mis en valeur.

Le mince article s'achève sur les mots du nouveau président des Jeunes Populaires, Benjamin Lancar: "Je souhaite être le président d'un mouvement d'avant-garde. D'ici deux ans, les Jeunes Pop seront devenus le poil à gratter de l'UMP". Poil à gratter, poil à gratter...l'expression me laisse perplexe. Il y a manifestement deux interprétations à cet élan d'enthousiasme: soit il désire que son mouvement puisse gêner les autres partis dans deux ans, soit il désire que son mouvement jeune puisse titiller les aînés de son propre parti dans deux ans. Curieusement, c'est la deuxième solution qui m'est d'abord venue à l'esprit et,...qui m'est restée. On connaît les tensions palpables entre les jeunes ambitieux et les vieux paranos dans le parti majoritaire, ce Benjamin Lancar n'a fait qu'être honnête. Et cette démonstration de mauvais esprit m'a rassuré concernant le nôtre, de parti.

On pourra reprocher beaucoup de choses à notre mouvement jeune: pas assez organisé, sans moyens, du moins en comparaison avec nos voisins de droite et du MJS. C'est une réalité, nos faiblesses sont réelles face à nos adversaires politiques. Mais ce que Benjamin Lancar a révélé au grand jour en prononçant ces mots, c'est notre force première: l'union interne. Comment imaginer au MoDem des jeunes qui iraient mettre du "poil à gratter" dans le dos de ses élus? C'est le contraire -et heureusement - qui nous motive, au delà du respect des "sages". Je ne crois pas qu'il faille absolument avoir 3 députés au lieu de 360, 10 000 adhérents jeunes au lieu de 30 000, pour conserver un état d'esprit correct (pour ne pas dire juste vivable). C'est un mode de vie partisane.

Tout ça m'a aussi fait repenser au débat BFM de mardi dernier entre Franck, Antoine Détourné (président du Mouvement des Jeunes Socialistes) et un représentant haut placé aux Jeunes de l'UMP. Alors que ces deux derniers se présentaient issus de moûles identiques, avec une expression symétrique et des parcours idéaux, Franck Faveur avait certes contre lui l'inexpérience, mais l'avantage de l'authenticité. Le présentateur n'a d'ailleurs pas manqué de s'enthousiasmer en apprenant que le président des Jeunes Démocrates était un jeune chef d'entreprise, "créateur d'emplois et de richesse!". En écoutant j'ai eu l'impression qu'on avait définitivement quelque chose de différent. Peut-être moins pro (pour l'instant), mais avec une capacité à attirer ceux que les discours politico-politiciens ennuient depuis toujours, et exaspèrent quand ils sortent de la bouches de jeunes pousses qui pourraient au moins avoir le bénéfice de la fraîcheur. On arrivera à imposer une image nouvelle à l'image d'ailleurs, de notre vie interne.

Les Jeunes Démocrates sont soudés, ambitieux il le faut, mais savent qu'il n'y a que l'union qui vaille pour faire de la politique avec éthique, quand ce n'est pas juste pour que militer reste un plaisir dans des agendas de jeunes déjà chargés. En somme pour nous, le poil à gratter n'a qu'une vocation: rester la meilleure vente des échoppes de farces et attrapes.

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