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07.06.2008
Université mon amour
J'entendais à l'instant un débat télévisé sur la place de l'université. Pris par l'émotion, je n'ai pas pu me retenir.
On aura tout dit, tout entendu à propos de l'efficacité de nos universités. "L'enseignement supérieur en panne", "la crise du financement des facs" ou pire, "les universités face aux grandes écoles". Si les deux premiers sujets, utiles, sont légitimement médiatisés, la guerre tant décrite entre ces deux "écoles" m'est insupportable. On ne peut pas comparer l'incomparable.
Je me souviens de ces rengaines professorales, en dernière année de lycée: "postulez pour les écoles, vous êtes dans un établissement qui vous le permets vous le méritez". Et l'université? "oui en deuxième choix, mais faites tout pour entrer dans les écoles..écoles...ECOLES!!!". Qu'il est triste de ne jamais voir plus loin que le bout de son nez.
Moi je l'aime, l'Université. J'aime sa diversité, j'aime son ouverture, son état d'esprit, sa dimension théorique oui, mais il en faut. Bien sûr que les moyens ne sont pas là, bien sûr que nous ne pouvons pas nous vanter de poser nos petites fesses sur des bancs en bois noble, mais il y a de quoi être fier. Je suis fier de pouvoir construire mon avenir avec ce que la nation offre à ses étudiants. Ce n'est pas du nationalisme, c'est de l'altruisme. Penser à la réussite commune on s'appuyant sur le financement social plutôt que sur des investissements étrangers et des coups de publicité. Je coûte au contribuable mais je le fais en âme et conscience, pour le futur. Et je serai fier d'y contribuer, à mon tour.
Bon et puis l'Université ce n'est pas qu'une question de sous. C'est un endroit où l'équité a un sens. Chacun y a une place, que chacun est libre de garder ou d'abandonner comme bon lui semble. Un lieu d'autonomie, de responsabilisation en somme. Alors certains le lui reprochent. On entend ici et là que nous sommes trop "livrés à nous-mêmes". Oui, je confirme, on pourrait se sentir abandonnés par rapport aux élèves couvés des écoles diverses. Mais est-ce qu'on veut des jeunes qui savent faire face aux difficultés de la réalité, ou des futurs actifs à qui il faut souvent dicter les devoirs du soir? Ici c'est vrai, si tu n'as pas passé ta visite médicale de l'année alors que l'on t'a prévenu deux fois d'y aller par toi-même, on peut te retirer ton année. C'est la règle du jeu. En école on t'y aurait fait passer un matin, sans te prévenir, pour "être sûr".
Et après on entend que l'université forme des fonctionnaires assistés...
Enfin la fac c'est un contact humain. D'accord, je ne parle pas là de la dame de l'administration qui vous fait revenir trois fois pour votre convention de stage et vous délivre en prime un sympathique "Si vous savez pas lire monsieur c'est pas ma faute!". Mais à la fac on rencontre des gens d'horizons très différents. Essayez de copiner à Sciences Po, avec une toute jeune mère de famille de 23 ans qui veut passer sa licence, ou un presque grand-père de 55 ans qui a décidé de reprendre ses études parce qu'il n'en avait jamais faites. Ce sont des extrêmes mais je les ai trouvé, à Assas, dans le Saint lieu paraît-il, du conservatisme. De façon générale nous avons des étrangers en Erasmus, des peu bosseurs très chicos, des provinciaux un peu perdus, des parisiens qui se la pètent, des banlieusards en voie d'intégration etc, etc. Nous avons tous ça parce la vie, c'est ça. L'université est un melting pot en première année, une fabrique d'élite en quatrième. Quoi qu'il en soit chacun y a sa chance.
14:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : université, assas, modem, arnaud jardin
02.06.2008
Au conseil Régional des Jeunes

La surprise n'en est pas une, mais qu'il est bon d'en avoir le coeur net: les 3/4 de ces jeunes qui se déplacent pour les Assemblées Pleinères et travaillent régulièrement dans les commissions ne sont pas les parisiens, les bourgeois chicos de la rive gauche aux emplois du temps sur-mesure (comme moi). Ceux qui se bougent sont pour la plupart des blacks, des beurs en parcours d'insertion qui se sont coltinés une heure et demi de RER pour faire entendre leur voix dans l'hémicycle de la rue de Babylone.
"Le témoin d'une population jeune défavorisée qui veut agir sur son destin", c'est ainsi qu'il faut voir le CRJ. Le discours du "conseil jeune consultatif" avait beau être au départ un peu démago, il s'est peu à peu changé en voix active et prometteuse. Les "commissions de liaison", efficaces, sont là pour défendre auprès des aînés des projets sans cesse plus ambitieux, mais réalistes. Car des idées, les jeunes franciliens (blacks/blancs/beurs) n'en manquent pas. Et voir évoluer cette promotion samedi dernier tout en participant aux débats fut un vrai plaisir tant l'initiative et l'envie sont palpables. Si seulement j'y avais encore un droit de vote...Aux mandats de deux ans je préfère cinq années ;)

