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29.04.2008

Militant

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Je ne vois pas de meilleure explication que la copie de ce mail, que j'ai envoyé à Laurent Haddad (du collectif "Ensemble, maintenant) pour lui expliquer les raisons de mon retrait. Je n'ai rien à cacher et je pense que tous ceux avec qui j'étais impliqué doivent pouvoir, s'ils le désirent, savoir ce qu'il en est puisque cela n'a rien de grandiloquent mais mérite explication.

J'ai trouvé dans ce collectif ce que je cherchais effectivement: un projet ambitieux mais réaliste, une vision rassembleuse, une fratrie de modémiens déterminés. Mais j'ai aussi découvert une attitude que je ne veux pas assumer. Je n'assume pas les atteintes personnelles répétées contre certains, je n'assume pas les coups-bas assenés contre ceux qui faut-il le rappeler, sont aussi de notre mouvement, sont même tout ce qui le fait tenir publiquement à l'heure actuelle. Certes il y a toujours opposition lors de campagnes, mais il y a une manière de faire, un tact, un respect nécessaire. Il y a faire campagne et faire campagne...surtout en interne.

Ca n'empêche pas que je sois entièrement derrière le projet. Je le répète, ce collectif répond à mes attentes! C'est la manière qui pêche. La stratégie elle -en tant que jeune impliqué de 18 ans qui a décidé de rester au modem pour des valeurs d'union évidentes- me choque sur certains points.

En cela je ne quitte pas les uns pour les autres, je m'aventure dans ces élections comme un observateur. Indépendant. Viendra un jour peut-être le temps d'être "pro", "anti", mais je n'en ai à l'heure qu'il est aucune envie, dans un contexte de reconstruction partisane aussi tendu. Je suis militant du Mouvement Démocrate, et non pas militant d'un courant de pensée au sein du Mouvement Démocrate.

 

Salut Laurent,

J'ai relu à l'instant le mail que tu nous avais envoyé à tous et comme j'ai vu que c'était aujourd'hui que vous deviez dévoiler les noms je te fais part de mes réflexions de ces derniers jours.

Je ne tournerai pas autour du pot, j'ai décidé pour ma part que la stratégie du neutralisme (et non pas de la neutralité) surpasserait le choix définitif d'un collectif ou d'un nom pour ces élections. J'ai envie d'aller à l'encontre d'une tendance qui met de côté toute modération pour s'opposer frontalement alors que ça ne sert juste personne. De la modération en somme..

Modération non pas vis à vis de pseudo chefs tous puissants, ce n'est pas une position de soumission. Mais neutralisme pour ne pas laisser tomber tout ce en quoi j'ai cru jusqu'à aujourd'hui c'est à dire le rassemblement du minimum vital! On propose de faire une fédé vraiment rassembleuse et démocratique en critiquant 70% de son staff? Je ne me vois pas assumer des propos "anti" alors que je n'ai aucune envie du haut de mes 18 ans de ne plus pouvoir parler à un tel ou un tel à cause de cette histoire d'élections. Surtout si ça doit durer 6 mois!

C'est notre optique de collectif qui me plaît énormément, qui je trouve respecte un idéal utile et possible. C'est aussi notre projet construit qui m'attire. Mais pour avoir un peu discuté avec des gens de ce groupe qui m'ont parlé sincèrement, je ne me reconnais pas dans cette position 'anti-tout' qui est juste intenable. Intenable psychologiquement parce que oui nous avons un projet, mais à quoi sert d'avoir un projet si l'on ne peut pas le défendre correctement? Les difficultés rencontrées pour s'imposer sont un réalisme légitime mais qui n'en est pas moins minant. Intenable politiquement donc aussi parce que si l'élan est collectif, le suicide irresponsable l'est tout autant. La bonne volonté initiale sera sacrifiée sur l'autel d'un manque de confiance irratrapable à notre égard.
Je m'était engagé à tes côtés parce la plupart des gens qui s'y retrouvent sont des personnes que je connais bien, avec qui j'ai des liens au delà de l'aspect politique justement. Mais l'humain ne peut pas tout éclipser.

Alors loin de moi l'idée très à la mode de 'trahison', nous ne sommes plus des gamins et je pense que tu me comprendras. J'ai décidé de faire comme lors du conseil national, c'est à dire de ne pas choisir. Ne pas choisir est déjà un choix comme dirait l'autre :) , mais c'est que je n'ai pas envie de me mettre la moitié de ce parti à dos pour devoir en permanence m'expliquer. Je ne suis pas resté au MoDem pour devenir l'ennemi des 3/4 du MoDem à cause des velléités de certains. Parce que ma vision aurait pu être différente si le collectif avait moins avoué ses tendances anti quitterie, anti marielle, anti tout, si les blogs n'étaient pas aussi ouvertement agressifs (quand cela passe encore par des blogs). Je dois dire que le 'tu es quitteriste alors?' inquisiteur et non-ironique de la première réunion à laquelle j'ai assistée m'a marqué et me fait toujours de l'effet. Ce n'est pas dans cet esprit là que je veux m'engager en politique, que je passe des soirées de semaine à bosser au siège ou dans des cafés, des week-ends à coller et tracter. Tout cela je le répète n'a rien à voir avec Quitterie! Pour ne pas la connaître je ne lui voue aucune affection particulière, mais je n 'ai aucune raison de la désavouer non plus! Bref je ne passerai pas tout mon temps libre à monter des gens contre d'autres, ni me faire des ennemis en interne, je n'en ai ni l'envie, ni l'âge, ni le temps. Pour le temps en plus de ça je te l'avais dit, j'ai vraiment peu d'heures à consacrer à la politique en cette période de partiels (j'ai loupé le premier semestre de droit et redoubler n'est pas dans les plans). Il y a donc aussi une question de temps. Or sans l'envie et sans le temps, il ne reste plus grand chose.

Tu peux me faire confiance lorsque je te dis que je ne serai sur aucune liste Laurent, il n'y a pas de calcul à part celui de pouvoir arriver au siège sans redouter -sans gloire- les rencontres de ceux qui seraient 'contre' nous. Ou plutôt de ceux contre qui nous serions parce que j'imagine que personne, à l'origine, n'avait quoi que ce soit à nous reprocher.

Je veux espérer qu'il n'y aura pas de mauvaises interprétations de mon choix parce que je le répète j'aime tous les gens qui font partie de l'aventure. Je détesterais qu'à la prochaine réunion quelqu'un se permette de dire 'Arnaud nous a quitté' sur un ton ironico-dramatique parce que ce serait détourner ce que je me suis employé à t'expliquer dans ce message et que j'expliquerai à d'autres. Steven, Masha, Nora pour les plus proches savent l'amitié que j'ai pour eux, et j'ai appris avec plaisir à connaître les autres. Je viendrai vous voir sans malaise aucun parce que je me sens chez vous comme chez moi, mais cette élection est devenue la goutte d'eau. Le fait en plus qu'Anthony soit parti m'a fait vraiment quelque chose. C'est un peu trop. La politique a ses limites quelque part.

Je vous souhaite quoi qu'il en soit les meilleurs choses du monde, et si mon engagement matériel devient nul, ma foi et mon soutien envers notre parti et envers ce projet -de fond- sont eux évidemment intacts.

A très bientôt Laurent

Arnaud J.



 

26.04.2008

"C'est comme si l'on voulait perpétuellement écrire l'avenir en noir et blanc"

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Il y a des printemps qui en rappellent d'autres.
 
Il flotte dans cette journée du 26 avril un parfum de liesse dans le camp démocrate. La convention vient de se terminer, avec seulement un quart d'heure de retard, il est 14h15. On a faim mais qu'importe, on est rassuré. Impossible de savoir combien de temps ce sentiment va durer, mais ça n'a aussi que peu d'importance.
On a eu l'impression pendant 3h30 de voir un parti soutenu, au chef décontracté mais réaliste, dont le discours souvent répété n'a pas pour autant fait place à la démagogie. Une matinée durant laquelle l'espoir est revenu non pas parce qu'on l'a invoqué, mais parce que le déroulement de chose a été presque parfait: un exposé pour la forme, des félicitations, mais également des échanges de fond. Rien d'extraordinaire, mais assez pour avoir l'impression lors de trois ou quatre interventions liées à l'actualité mondiale que l'on est sur la voie de la solidification d'un projet réaliste. L'élan européen m'a marqué et m'a presque ému ce matin. Avoir remis au goût du jour nos racines pro-européennes dans un tel enthousiasme, dans un consensus si applaudi, c'est certainement l'une des statisfactions majeures de cette convention du 26 avril.
Certes on pourrait trouver à redire sur l'absence de réponse au sujet de la fameuse consultation, sur le temps consacré aux interventions plus qu'aux éclaircissements, mais dans le fond ce n'est pas grave. L'ambiance, le déroulement de cette matinée ont suffit à rendre le moral aux troupes. Et ce n'est pas rien.
Enfin je dois souligner l'accessibilité de Marielle de Sarnez, qui après la fin des "festivités" a pris le temps de nous écouter Benoît Charvet (de l'association Modem et Centristes de Sciences Po) et moi-même. Les associations étudiantes du centre ne passent vraisembablement pas à côté des préoccupations de notre vice-président et de notre président François Bayrou lui-même. On a ainsi eu tout le loisir de soumettre à notre "n°2" la proposition d'une conférence étudiante à Sciences Po, projet qui de toute évidence, ne finira pas lettre morte.
 
Tout donc était réuni: bonne humeur, enthousiasme, conviction, organisation et accessibilité, pour faire de cette matinée un moment de politique comme on les aime. Et c'est peu dire que le MODEM en avait besoin ces temps-ci...

18.04.2008

Je quitte...les indécis

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Je quitte le camp des indécis pour celui des irresponsables.

Après deux semaines de surf intense sur la vague des bloggueurs insatisfaits (dont je fais bien sûr partie), il était temps de se faire une opinion. Il n'était pas question, de toute façon, de quitter le MoDem avant les élections fédérales - Remettre en selle la fédération de Paris est un objectif primordial qui pourrait redonner au Mouvement Démocrate une aura bel et bien perdue - mais une nouvelle question cruciale est apparue il y a cinq jours.

François Bayrou annonçait (voir note précédente) qu'il allait organiser une consultation interne qu'il faudra en réalité comprendre comme: "voulez-vous que je reste le président du MoDem?". Tout le monde se tâte, donc. Bayrou a monté quelque chose d'extraordinaire, mais n'a pas su tirer tous les fruits de sa popularité. Pire, il en a abusé. A force de croire qu'on est aimé c'est dans la prétention qu'on finit par tomber, une prétention qui s'est traduite électoralement puis humainement. Alors que faire? La question est de savoir si aujourd'hui, on pourrait faire vivre au MoDem un autre projet que celui prôné par FB. Rien de ce qu'il a pu dire ne va à l'encontre du désir des militants, à part peut-être ce côté victime qui veut cacher les manques réels et pour lesquels l'Elysée n'est en rien... Bref c'est une question de forme puisque l'indépendance, et donc l'isolement certain, était inévitable au moins au début. Alors les coups ont certes été mal joués, à paris surtout lors des municipales, c'est là la traduction d'une organisation interne est branlante. Mais le chef est toujours fidèle au poste. Dès lors ne pas voter pour la mention qu'il propose serait voter pour la remise sur pied de l'UDF, et donc pour la disparition (à tout jamais?) d'un parti politique indépendant des machines traditionnelles. En apportant notre soutien à notre "président", qu'il soit Bayrou ou un autre, on promeut la voix d'un mouvement central inédit, qu'il soit modem ou un autre.

Bayrou n'est pas éternel, nos valeurs si. Or pour les faire vivre nous avons absolument besoin de cette assise, de cette expérience, quels que soient les défauts de son propriétaire. Je n'ai pas peur de dire que le bayrouisme s'est éteint chez moi comme chez beaucoup d'autres, et ce n'est pas un mal. Mais à l'inverse, je ne serai jamais de ceux qui crachent sur celui qu'ils ont adulé dix mois plus tôt. Bayrou est indispensable, ne nous en cachons pas, et la modération doit être de mise. Entre le fanatisme et la détestation, il y a l'admiration raisonnable d'un homme brillant, qui n'a cependant pas compris ce qu'il nous devait depuis un an. Souvenons-nous juste que nous avons besoin les uns des autres, puisque le culte de la personnalité inhérent à la présidentielle s'est logiquement dissout. Nous devons rester unis.

Unis parce que je ne me vois nulle part ailleurs en vérité, et je ne suis pas le seul. Je soutiendrai donc François Bayrou dans cette consultation de la dernière chance. L'indécision a fait son temps, ça y est. Maintenant que l'exode est terminé revenons à nos moutons, et traçons ce que nous avions commencé à dessiner. Le choix, nous ne l'avons plus. Est-ce que nous voulons être à l'UMP? être au PS? être dans une formation marginale? Certainement pas. Nous voulons d'un parti du centre qui soit capable, dans cinq ans, de réunir un groupe à l'Assemblée pour faire ce qui n'a jamais été entrepris sous cette République de vieux, de conservateurs et d'opportunistes attachés à leurs triples mandats. Nous sommes jeunes, nous sommes motivés, nous disposons d'un projet de société efficace, applicable aujourd'hui. Assez des oppositons stériles, des "oui" "non" de façade obligatoires parce qu'on l'a promis par écrit signé au début du mandat. Nous ferons ce qu'il faut pour sortir de l'absolutisme des institutions qui nous sont imposées, et qui favorisent la péromption d'une vie politique inerte. En France on aime la politique, mais on aime pas les changements dans notre politique. Nous ne sommes pas révolutionnaires, juste réformateurs. Il faut respecter des règles du jeu injustes? Très bien, on s'y fera, s'il faut passer par là. Mais le vrai objectif, nous l'avons tous à l'esprit.

Ces six mois de construction ont été mal rédigés et mal concus. Ce qui est bien avec la gomme de la politique française...c'est que lorsqu'on efface, on peut réécrire derrière.

14.04.2008

Un pas de géant

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Après le congrès fondateur de Villepinte, la conférence de presse du 14 avril 2008 est le deuxième tournant de la jeune histoire du Mouvement Démocrate.

Alors que depuis six mois notre parti se gangrenne de l'intérieur, que les militants un à un se retournent contre ceux qu'ils considèrent comme sourds à leurs messages, un pas a été fait. Enfin François Bayrou avoue que tout ne va pas bien, enfin il expose les difficultés que nous rencontrons, pour enfin les combattre. La victimisation a certes encore pointé le bout de son nez, mais pour une fois, elle était légitime.

François Bayrou a pris conscience qu'il était dos au mur. Lui qui était soutenu par 80 000 militants dévoués s'est retrouvé désavoué par ses troupes. Ses troupes, et surtout ses élus. Depuis deux semaines les piques tombent de toutes parts: Jean Arthuis, Michel Mercier, les sénateurs les plus influents affichent leur volonté de faire revivre l'UDF. Les conséquences en seraient terribles. Dans la pratique tout d'abord , l'UDF ressuscitée est synonyme de fin pour le MoDem des subventions d'Etat, fin du siège rue de l'université, en somme c'est synonyme de mort de notre parti par strangulation. Dans la théorie ensuite, la renaissance de l'UDF c'est la fin d'un élan, d'un espoir. Ce serait un retour en arrière définitif, qui imposerait le bipartisme dans notre pays pour de très nombreuses années. Nous deviendrions l'exemple à ne pas suivre: "tu vois n'essaie pas l'indépendance ça ne marche pas, regarde ce qui s'est passé avec le modem..."

Bayrou a donc fait un choix difficile, mais louable. Salvateur même:

"Je vais soumettre au suffrage des adhérents, dans une consultation à laquelle chacun sera associé, un texte d’orientation qui ne laissera aucune place à l’ambiguïté. Et j’invite tout dirigeant qui ne serait pas d’accord avec la ligne d’indépendance que je défends à soumettre sa propre motion aux adhérents. Alors nous compterons les soutiens. C’est maintenant, devant nos adhérents et militants que tout débat doit être conduit et tranché.

Pour moi, les choses sont claires : je n’accepterai plus ni manœuvres internes, ni déstabilisation externe, ni le bazar. C’est vers nos adhérents que je me tourne. Il faut leur exposer clairement et nous le ferons, les données de la situation. Et il faut leur faire confiance pour trancher, pour fixer une fois pour toutes le cap et les règles, et donc le destin, de notre mouvement."

Le choix courageux de la consultation est un moyen de faire taire les médisants, tout en prenant conscience de ses limites. FB propose concrètement que toutes les têtes du MoDem (comprendre les sénateurs "rebelles" et lui compris) exposent leur projet pour le parti, comme les adhérents de l'UDF avaient décidé eux-même et à l'unanimité moins une voix de la création du Mouvement Démocrate.

Si le projet d"indépendance de François Bayrou n'obtient pas la majorité des suffrages, le MoDem est mort. S'il obtient une courte majorité, le MoDem pourra se relever, la claque pourrait même être reconstructrice. Si enfin il obtient une large majorité, alors l'élan sera de retour, et l'avenir s'annoncera un peu moins sombre.

Quoi qu'il en soit l'initiative était absolument nécessaire, et heureusement, il l'a eue. 

10.04.2008

Nostalgie

Il y a un an, il y a un siècle.

 

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 Tout n'est pas perdu.

03.04.2008

Dernière cartouche

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02 Avril 2008, 20h30. Des gens courageux, une vingtaine de militants/candidats entièrement dévoués ces derniers mois au Mouvement Démocrate, se réunissent pour le projet de la dernière chance. Nous nous étions mis autour de la table pour parler de ce qui nous faisait rester, nous avons finalement parlé de ce qui pourrait nous faire partir, nous aussi.

Les départs successifs de gens que j'estime plus les uns que les autres ne me déçoivent pas, il me désespèrent. Ils me désespèrent au sens propre du terme, parce que la machine virtuelle du MoDem n'a rien fait pour les garder, n'a rien fait pour se donner les moyens de ses ambitions. Pire, en un an, elle a tout fait pour laisser s'éroder l'ambition générale au profit de celle de certains. Dans cette mesure il est tout simplement impossible d'être déçu par les hérétiques. Au fond, ils ont (la) raison. Comment en vouloir à ceux qui sont là depuis des mois, des années, et qui ont l'impression que le temps passé à se battre à été vain? Vain alors que nous étions partis 85 000, que tout nous souriait, que l'élan populaire n'avait jamais été aussi grand. Alors qu'en externe l'explosion a été enthousiaste, en interne l'implosion a été violente.

Est-il normal dans un parti qui se respecte, dans une machine que les gens se tuent, des journées entières, à lancer, est-il normal de voir dédaigner l'initiative pour ne laisser place qu'à l'amateurisme? Et encore, l'amateurisme a parfois les vertues de la proximité...

Est-il normal que des jeunes qui lancent des associations, qui tractent et qui collent alors qu'ils ont des études sur le feu, une vie à faire tourner comme les autres, soient obligés pour quelques tracts d'outrepasser les mesures gouroutisées d'un siège qui ne veut même pas entendre parler d'eux? Oui pour imprimer des tracts promouvant le Mouvement Démocrate, il faut aujourd'hui aller à l'encontre de l'avis du Mouvement Démocrate, en utilisant discrètement et sans poser de question la photocopieuse à l'étage. Pourquoi? "Parce qu'il nous faut de la centralisation, il ne faut pas se disperser". Mais oui! nous n'attendons que ça! une organisation, une fédération qui nous pousse et qui donne des indications! Or rien n'arrive, rien ne se fait, et tous les moyens sont bons pour sauver le navire...sabotté par ses fabricants-même.

Et pourtant, pourtant je n'abandonnerai pas. J'aurais toutes les raisons de m'enfuir comme ceux qui estiment légitimement qu'ils ont sacrifié leur vie personnelle et politique pour du vent. Je les comprends parce que lorsqu'on arrive en 2004 dans l'illustre UDF, et que l'on se réveille un matin dans le branlant Mouvement Démocrate, l'angoisse est totale. Mais regardons les choses en face! L'UDF avec 178 élus en 1998, passés à 27 en dix ans, avait-elle encore un avenir? Avec des "si" on mettrait Paris en bouteille et la Tour Eiffel dit-on. Il n'est donc pas question d'extrapoler sur une UDF qui n'est plus. On veut croire au futur parce qu'on a pas le choix, parce que ce parti est le seul qui s'est construit sur des valeurs authentiquement proches des nôtres. C'est pour cela que la motivation, si elle est au bord du gouffre, n'a pas encore dépassé le point de non-retour.

Ce point de non-retour, dont on s'approche inévitablement, est celui de l'élection à la Fédération de Paris. J'ai décidé de m'impliquer à coeur perdu dans le collectif "Ensemble, Maintenant", qui y présentera sa liste. Un collectif qui ne voit qu'une solution pour sauver le MoDem: changer, changer, et changer les méthodes. Nous devons enfin ressembler à un vrai parti, avec une organisation solide, une hiérarchie officielle, un militantisme encadré. Il n'y a donc dans ce groupe que des croyants, des gens qui ne voient rien d'autre que le Mouvement Démocrate pour porter leurs valeurs, et refusent à ce titre de voir leur parti couler dans l'indifférence. Nous irons jusqu'au bout et quels que soient nos adversaires, parce que c'est notre dernière cartouche. Si après ces élections une nouvelle voie n'est pas ouverte pour le Modem de Paris, alors ce sera la fin. Ce sera le parachèvement d'une désillusion et d'un désenchentement complet. Si la communication n'est pas réinstaurée, si la distance des chefs conserve cet absolutisme, si les militants ne sont pas mis en valeur, alors nous n'avons plus rien à faire ici.

Je n'ose même pas penser à l'éventualité d'un échec, parce que nous ne pouvons pas nous permettre d'échouer. Le centre fort, le Mouvement de l'alternative modérée, j'y crois plus que tout. Le MoDem est en survivance, à nous ensemble, maintenant, de le réanimer.

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