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14.04.2008
Un pas de géant
Après le congrès fondateur de Villepinte, la conférence de presse du 14 avril 2008 est le deuxième tournant de la jeune histoire du Mouvement Démocrate.
Alors que depuis six mois notre parti se gangrenne de l'intérieur, que les militants un à un se retournent contre ceux qu'ils considèrent comme sourds à leurs messages, un pas a été fait. Enfin François Bayrou avoue que tout ne va pas bien, enfin il expose les difficultés que nous rencontrons, pour enfin les combattre. La victimisation a certes encore pointé le bout de son nez, mais pour une fois, elle était légitime.
François Bayrou a pris conscience qu'il était dos au mur. Lui qui était soutenu par 80 000 militants dévoués s'est retrouvé désavoué par ses troupes. Ses troupes, et surtout ses élus. Depuis deux semaines les piques tombent de toutes parts: Jean Arthuis, Michel Mercier, les sénateurs les plus influents affichent leur volonté de faire revivre l'UDF. Les conséquences en seraient terribles. Dans la pratique tout d'abord , l'UDF ressuscitée est synonyme de fin pour le MoDem des subventions d'Etat, fin du siège rue de l'université, en somme c'est synonyme de mort de notre parti par strangulation. Dans la théorie ensuite, la renaissance de l'UDF c'est la fin d'un élan, d'un espoir. Ce serait un retour en arrière définitif, qui imposerait le bipartisme dans notre pays pour de très nombreuses années. Nous deviendrions l'exemple à ne pas suivre: "tu vois n'essaie pas l'indépendance ça ne marche pas, regarde ce qui s'est passé avec le modem..."
Bayrou a donc fait un choix difficile, mais louable. Salvateur même:
"Je vais soumettre au suffrage des adhérents, dans une consultation à laquelle chacun sera associé, un texte d’orientation qui ne laissera aucune place à l’ambiguïté. Et j’invite tout dirigeant qui ne serait pas d’accord avec la ligne d’indépendance que je défends à soumettre sa propre motion aux adhérents. Alors nous compterons les soutiens. C’est maintenant, devant nos adhérents et militants que tout débat doit être conduit et tranché.
Pour moi, les choses sont claires : je n’accepterai plus ni manœuvres internes, ni déstabilisation externe, ni le bazar. C’est vers nos adhérents que je me tourne. Il faut leur exposer clairement et nous le ferons, les données de la situation. Et il faut leur faire confiance pour trancher, pour fixer une fois pour toutes le cap et les règles, et donc le destin, de notre mouvement."
Le choix courageux de la consultation est un moyen de faire taire les médisants, tout en prenant conscience de ses limites. FB propose concrètement que toutes les têtes du MoDem (comprendre les sénateurs "rebelles" et lui compris) exposent leur projet pour le parti, comme les adhérents de l'UDF avaient décidé eux-même et à l'unanimité moins une voix de la création du Mouvement Démocrate.
Si le projet d"indépendance de François Bayrou n'obtient pas la majorité des suffrages, le MoDem est mort. S'il obtient une courte majorité, le MoDem pourra se relever, la claque pourrait même être reconstructrice. Si enfin il obtient une large majorité, alors l'élan sera de retour, et l'avenir s'annoncera un peu moins sombre.
Quoi qu'il en soit l'initiative était absolument nécessaire, et heureusement, il l'a eue.




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