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03.04.2008

Dernière cartouche

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02 Avril 2008, 20h30. Des gens courageux, une vingtaine de militants/candidats entièrement dévoués ces derniers mois au Mouvement Démocrate, se réunissent pour le projet de la dernière chance. Nous nous étions mis autour de la table pour parler de ce qui nous faisait rester, nous avons finalement parlé de ce qui pourrait nous faire partir, nous aussi.

Les départs successifs de gens que j'estime plus les uns que les autres ne me déçoivent pas, il me désespèrent. Ils me désespèrent au sens propre du terme, parce que la machine virtuelle du MoDem n'a rien fait pour les garder, n'a rien fait pour se donner les moyens de ses ambitions. Pire, en un an, elle a tout fait pour laisser s'éroder l'ambition générale au profit de celle de certains. Dans cette mesure il est tout simplement impossible d'être déçu par les hérétiques. Au fond, ils ont (la) raison. Comment en vouloir à ceux qui sont là depuis des mois, des années, et qui ont l'impression que le temps passé à se battre à été vain? Vain alors que nous étions partis 85 000, que tout nous souriait, que l'élan populaire n'avait jamais été aussi grand. Alors qu'en externe l'explosion a été enthousiaste, en interne l'implosion a été violente.

Est-il normal dans un parti qui se respecte, dans une machine que les gens se tuent, des journées entières, à lancer, est-il normal de voir dédaigner l'initiative pour ne laisser place qu'à l'amateurisme? Et encore, l'amateurisme a parfois les vertues de la proximité...

Est-il normal que des jeunes qui lancent des associations, qui tractent et qui collent alors qu'ils ont des études sur le feu, une vie à faire tourner comme les autres, soient obligés pour quelques tracts d'outrepasser les mesures gouroutisées d'un siège qui ne veut même pas entendre parler d'eux? Oui pour imprimer des tracts promouvant le Mouvement Démocrate, il faut aujourd'hui aller à l'encontre de l'avis du Mouvement Démocrate, en utilisant discrètement et sans poser de question la photocopieuse à l'étage. Pourquoi? "Parce qu'il nous faut de la centralisation, il ne faut pas se disperser". Mais oui! nous n'attendons que ça! une organisation, une fédération qui nous pousse et qui donne des indications! Or rien n'arrive, rien ne se fait, et tous les moyens sont bons pour sauver le navire...sabotté par ses fabricants-même.

Et pourtant, pourtant je n'abandonnerai pas. J'aurais toutes les raisons de m'enfuir comme ceux qui estiment légitimement qu'ils ont sacrifié leur vie personnelle et politique pour du vent. Je les comprends parce que lorsqu'on arrive en 2004 dans l'illustre UDF, et que l'on se réveille un matin dans le branlant Mouvement Démocrate, l'angoisse est totale. Mais regardons les choses en face! L'UDF avec 178 élus en 1998, passés à 27 en dix ans, avait-elle encore un avenir? Avec des "si" on mettrait Paris en bouteille et la Tour Eiffel dit-on. Il n'est donc pas question d'extrapoler sur une UDF qui n'est plus. On veut croire au futur parce qu'on a pas le choix, parce que ce parti est le seul qui s'est construit sur des valeurs authentiquement proches des nôtres. C'est pour cela que la motivation, si elle est au bord du gouffre, n'a pas encore dépassé le point de non-retour.

Ce point de non-retour, dont on s'approche inévitablement, est celui de l'élection à la Fédération de Paris. J'ai décidé de m'impliquer à coeur perdu dans le collectif "Ensemble, Maintenant", qui y présentera sa liste. Un collectif qui ne voit qu'une solution pour sauver le MoDem: changer, changer, et changer les méthodes. Nous devons enfin ressembler à un vrai parti, avec une organisation solide, une hiérarchie officielle, un militantisme encadré. Il n'y a donc dans ce groupe que des croyants, des gens qui ne voient rien d'autre que le Mouvement Démocrate pour porter leurs valeurs, et refusent à ce titre de voir leur parti couler dans l'indifférence. Nous irons jusqu'au bout et quels que soient nos adversaires, parce que c'est notre dernière cartouche. Si après ces élections une nouvelle voie n'est pas ouverte pour le Modem de Paris, alors ce sera la fin. Ce sera le parachèvement d'une désillusion et d'un désenchentement complet. Si la communication n'est pas réinstaurée, si la distance des chefs conserve cet absolutisme, si les militants ne sont pas mis en valeur, alors nous n'avons plus rien à faire ici.

Je n'ose même pas penser à l'éventualité d'un échec, parce que nous ne pouvons pas nous permettre d'échouer. Le centre fort, le Mouvement de l'alternative modérée, j'y crois plus que tout. Le MoDem est en survivance, à nous ensemble, maintenant, de le réanimer.

Commentaires

Et bien j'espere qu'avec "Ensemble, Maintenant" vous arriverez à donner une direction au navire coulant qu'est le MoDem... alors peut être nous retrouverons nous.
Amitiés
LFDB

Ecrit par : lefonddubocal | 07.04.2008

@Arnaud :

Joli post....
Ce qui compte ce de penser que c'est encore possible tout ca.
Je le pense en ce qui me concerne et je sais que tu partages cet espoir.

On verra...

Ensemble c'est une évidence
Maintenant c'est une necessité

Ecrit par : Laurent Haddad | 10.04.2008

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