28.06.2009

Vidéo symbolique?

Pour annoncer son université de rentrée annuelle (aussi appelée "université d'été" ou "forum" au gré des envies), le siège du MoDem a conçu un teaser vidéo. Nos teasers, quelque soit leur objet, sont bien faits et il faut au passage reconnaître le talent des (du) responsable vidéo en action au 133 bis rue de l'Université.

Mais au delà du pur aspect de la réalisation, le montage de cette année a une particularité.

3

Sur 71 secondes d'images, seules 3 montrent François Bayrou. 3 petites secondes sur 1 minute 11 alors que la totalité des (autres) cadres du parti défilent à l'écran . L'air de dire, "eh bin voilà, vous vouliez plus le voir...".

Je reconnais que cette analyse puisse être un peu tirée par les cheveux mais c'est ce qui m'a sauté aux yeux pendant le visionnage. Rappelons-nous que la précédente vidéo issue du siège est celle du clip des élections européennes, dans lequel F.Bayrou occupait 80% de l'espace sans même être candidat. Cette fois c'est 4%.

Alors? Prémices d'un "je veux bien ne plus être La vedette" ou c'est pousser l'étude trop loin?

Il est bon parfois de croire aux symboles.

 



 

 

18.06.2009

Propositions

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Depuis une semaine, c'est l'ébullition chez les bloggeurs démocrates. Les auteurs fulminent et de toutes parts on lit des constats, des reproches (ce blog n'y déroge pas d'ailleurs) et désormais...des propositions.

Il faut que le MoDem se relève et pour cela, changer en profondeur son fonctionnement interne. Là dessus, tout le monde ou presque est d'accord. Mais comment faire?

C'est en surfant sur notre chère blogosphère qu'un site a particulièrement retenu mon attention: celui des "Promoteurs". Fondé par Christophe Ginisty, l'un des précurseurs de la toile modem sur le net, il a dans une Lettre ouverte le mérite d'être concret et porteur de certains espoirs. Prémices d'un nouvel engouement? Peut-être. Au delà un tel programme interne sera-t-il pris au sérieux par les intéressés, quizas quizas... Mais qui ne tente rien à rien.

 

Extrait (court, à l'échelle de la taille de la Lettre ouverte en question).

 

"Nous voulons :

- Mettre en place un conseil stratégique, tel que prévu dans les statuts, qui aura pour mission de veiller à l’organisation pratique du Mouvement Démocrate dans son ensemble, de fédérer les initiatives au plan national, et de construire un mouvement solide et organisé ayant les moyens de se présenter devant les électeurs avec toutes les ressources nécessaires à sa victoire.  

- Créer un véritable « shadow cabinet », c’est-à-dire procéder à la nomination d’une dizaine de secrétaires nationaux chargés de projets, dans un domaine gouvernemental essentiel, avec réunion hebdomadaire et communication régulière sur les thématiques d’actualité. Cette structure aura la triple fonction de mettre médiatiquement en avant une équipe, de communiquer un programme, et de développer les arguments des militants et cadres du Mouvement. Elle permettra également d’améliorer notre réactivité face à l’actualité et de véhiculer ainsi nos idées dans l’opinion publique de façon cohérente. 

- Nommer 2 porte-paroles pour assurer la présence en media, media thématiques, sur le web et pour diriger une cellule de veille capable de réagir par communiqué, d’informer les élus et la direction sur les propositions ou les attaques des autres partis. Il nous semble important de sélectionner ces porte-parole en fonction de leur connaissance des medias et pas nécessairement en fonction de leur mandat, ceci afin de ne pas recréer l’image d’un parti de notables. La création, sous la responsabilité des porte-parole, d'une cellule de communication composée de militants reconnus pour leurs compétences professionnelles dans les différents domaines de la communication, afin de travailler à l’optimisation de l’image du Mouvement Démocrate et de ses cadres dans la cité, et éviter ainsi que se reproduisent les nombreuses « mauvaises » postures de ces derniers jours. Cette cellule de communication devra avoir la charge de la conception des stratégies et des outils sélectionnés dans chacune des campagnes électorales, ainsi que la capacité à gérer la communication de crise.  

- Nommer un coordinateur national de l’action militante dont la mission sera de coordonner l’action militante sur le terrain, en relation permanente avec les mouvements départementaux. Sa mission consistera à donner la parole aux militants et à échanger avec eux, pour mettre le parti en ordre de marche et régler les nombreux conflits départementaux qui restent en cours à quelques mois des élections régionales. Sa mission aura également pour objectif de mieux maîtriser et coordonner les actions militantes, et de communiquer de façon directe et spontanée avec les militants, en utilisant pour cela les outils de communication les plus performants.  

- Favoriser la création d’un « think tank » du Mouvement Démocrate ayant une existence propre et organisant le travail des commissions thématiques, afin de produire constamment des idées nouvelles pour enrichir notre plateforme programmatique.    

- Nommer un coordinateur des stratégies numériques du Mouvement Démocrate, éventuellement dans le cadre de l’activation de la fédération internet, afin de rationaliser les outils actuellement utilisés, concevoir une stratégie globale et coordonnée, tant au niveau national qu’au niveau départemental et local, et innover en permanence par l’utilisation des solutions les plus modernes. 

Nous, les Promoteurs, voulons que ces nominations soient soumises à l’approbation des militants via leurs structures représentatives.

Nous, les Promoteurs, vous demandons de vous engager sur chacun de ces points par des actes et des décisions concrètes. Nous sommes persuadés que les idées et les valeurs du Mouvement Démocrate peuvent triompher, mais il est vital de construire une organisation capable de nous porter vers les succès électoraux que nous ambitionnons.  

Nous, les Promoteurs, restons fidèles à notre mouvement et nous vous réaffirmons notre confiance. Une confiance qui n’exclut pas aujourd’hui une certaine exigence, pour un Mouvement Démocrate se donnant vraiment les moyens de gagner avec ses militants.  

Sur ces bases, Nous, les Promoteurs, nous engageons aujourd’hui et pour l’avenir, à mener toutes les actions positives qui seront nécessaires à l’organisation d’un front démocrate d’opposition permettant d’offrir une alternative politique digne de notre pays.

Les Promoteurs."

13.06.2009

Il est fini le temps de l'autonomie, pour le Mouvement Démocrate

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Le temps du centrisme absolu est révolu.

Nos ambitions d'autonomie se sont violemment éteintes le week end dernier. Ces deux dernières années, d'émancipation puis d'isolation chèrement payées, sont réduites à néant. Après cet âpre constat n'enfonçons pas le couteau dans la plaie. Bien que la responsabilité de ce désastre électoral ne soit de toute évidence pas collective et qu'il en incombe à un homme, il est temps de tourner la page et de regarder ce que l'avenir nous réserve.

2010.

Les cartes de l'échiquier sont rebattues, le MoDem n'a officiellement plus le potentiel suffisant pour survivre seul dans un scrutin majoritaire. Si tant est qu'il l'ait eu un jour - l'illusion de l'enthousiasme a pu auparavant troubler suffisamment notre raison pour que nous partions seuls dans la bataille, épée de bois à la main -.

François Bayrou, dans sa vidéo aux militants du début de la semaine, a clairement affirmé les bases d'une stratégie qui nous avait trop manqué lors des Municipales: pas d'alliances au cas par cas, mais une décision nationale globale de fusion avec la droite ou la gauche. Pour ce qui est de la substance même de la stratégie, le suspense maintenu par les instances n'est pas insoutenable.

Une alliance avec la droite? Personne n'en voudrait. Nous n'avons pas perdu un groupe à l'Assemblée Nationale, mis en péril nos financements, créé un parti indépendant de l'UMP, pour y retourner la tête basse, en reniant les convictions qui nous ont poussés à cette liberté politique durement acquise.

Mais liberté pour combien de temps? La seule stratégie possible est à gauche.

Vers une gauche socio-démocrate. Les plus rouges du Parti Socialiste ont déjà dit "non", conformément à leur ligne, alors que l'autre moitié du PS voit cette option d'un bon oeil et était prête à des concessions. Elle l'était. Avant dimanche. Aujourd'hui, notre poids politique est réduit à son plus simple appareil, à tel point que l'on peut raisonnablement se demander si une alliance avec la gauche en 2010 ne sera pas un contrat rédigé d'avance par les roses, dont la clause abusive sera la perte pure et simple de notre identité, au profit de l'indécision démocrate/communiste qui gangraine le PS. Mais nous n'aurons pas le choix. Si le scénario est celui du maintien de ce PS malade jusqu'en 2010 , alors le vieux parti contaminera notre jeune pousse lors de ce pacte que beaucoup de modémiens "extrêmes" et indépendantistes verront comme celui du diable.

Notre seul échappatoire: que la gauche change de visage

On peut tout à fait imaginer aussi que dans les mois qui viennent, le Parti Socialiste vive la plus grosse mutation de son histoire, voire sa disparition, comme ce que certains de ses cadres appellent déjà de leurs voeux. Que la gauche se reforme à l'intiative de Cohn-Bendit, avec l'apparition d'une structure écologiste et socio-démocrate dépassant le clivage droite/gauche et basé sur un programme humaniste. Oui, c'est à dire qu'un parti similaire au nôtre naisse à côté de nous. Le MoDem ne pourra pas alors être la doublette d'un autre à la base électorale supérieure et dont les ténors auront plus de poids que notre unique leader. Il faudra dans ce cas accepter de faire cause commune et de se battre ensemble pour faire gagner la social-démocratie que beaucoup espérent, mais que personne n'est en mesure, aujourd'hui, de placer devant.

Nous sommes, dans toutes les hypothèses, une formation en survivance politique. Si "ce n'est pas la mort du p'tit cheval", il est déjà entré à l'abbatoir. Nous pouvons croire aussi fort que nous le voulons en notre projet pour la France et l'Europe, les règles de la Ve République nous imposent l'alliance ou nous n'aurons plus aucun conseiller régional et le MoDem volera en éclat l'année prochaine. A vos prédictions donc, mais c'est certain:

"La politique française a changé, et le [Mouvement Démocrate] ne sera plus jamais comme avant."

08.06.2009

Baroud d'honneur: "Il n'y a pas que Bayrou au MoDem"

Intense journée du 8 juin pour le Mouvement Démocrate. A la paralysie des militants abasourdis par la soirée électorale de la veille, les cadres du parti répondent en affirmant -pour la première fois- en interview depuis ce matin qu'ils le sont bien, cadres, et qu'ils entendent faire bouger notre mode de fonctionnement interne.

Clash orange en perspective?

Non. Faire une publicité alarmiste d'éventuelles divisions internes serait une analyse bien peu fine de la situation. Les réactions de Corinne Lepage et Jean-françois Kahn ne sont pas dirigées à l'encontre de Bayrou, elle se font bien sûr avec lui. L'homme est assez malin pour laisser faire ces réactions salvatrices, qui finalement démontreront au grand public la vivacité d'une structure que beaucoup disaient -à juste titre- asphyxiée par son chef.

Corinne Lepage a aujourd'hui tiré la sonnette d'alarme, et très justement trouvé la seule issue de secours restant à notre mouvement s'il veut envisager l'avenir sous de bons auspices tout court.

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«Dans toute la représentation médiatique du Modem, on ne voit que François Bayrou. Et bien il n'y a pas que lui», a jugé bon de rappeler Corine Lepage ce matin sur France Info. «Il y a un tas d'autres gens, des tas de jeunes qui ne demandent qu'à s'exprimer, ça veut dire qu'il faut que vous (les médias) la leur donniez et que François Bayrou les laissent s'exprimer.» Corinne Lepage

Extrait du site de Libération

 

A force de prétention, on finit par un 8.

Mal aux cheveux, la mine patraque et l'impression d'avoir été trompé en ce matin du 8 juin.

En février 2007, j'ai adhéré à l'Union pour la Démocratie Française dans la ferveur pré-présidentielle, attiré par le discours d'un chef de rang différent des autres. Un discours à la fois technique, enthousiasmant et cohérent dont le fer de lance était le rassemblement.

En juin 2009, je ne cesse de regretter cette époque. A ceux, nombreux, qui m'ont interpellé pendant cette campagne: "dis ton boss ne sait plus trop quoi dire en ce moment à part sarkozy est un con, j'avais voté pour lui en 2007 mais là il me déçoit" je n'ai pu répondre que "moi aussi". Nous nous sommes crus trop beaux, nous nous sommes vus plus grands que nous étions. Nous, un parti central? Non. Un comité de soutien? Surtout.

Il est temps de redescendre sur terre et de donner à ce parti de nouvelles têtes, de toute urgence, conformément au renouvellement promis lors de la création de notre parti. Il est temps de cesser d'accepter un dictatorship néfaste pour le centre, pour le fonctionnement et la crédibilité du Modem, néfaste pour la popularité de François Bayrou lui-même, désormais qualifié par beaucoup de despote illuminé.

Bayrou a été l'initiateur d'une vision nouvelle de la politique en France, et c'est pour cela que nous l'avons suivi. A lui aujourd'hui de combattre rapidement le démon populiste de la critique tout azimut pour renouer avec l'esprit originel de notre mouvement: l'ouverture et l'initiative.

Si les choses ne changent pas dans les semaines et les mois qui viennent, si François Bayrou ne se soumet pas dans les faits aux responsabilités qu'il a évoquées avec une certaine dignité lors de son intervention hier soir, alors la belle histoire sera terminée.

 

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06.06.2009

Demain

Demain nous saurons si les français nous voient tel que nous sommes. Je pourrai être accusé de haute trahison, mais ne me garderai pas de penser que nous ne méritons pas les honneurs dans cette bataille où notre parti prépare avant tout l'avenir d'un homme.

Un homme transformé. De la volonté de changer la France il ne ressort (en ce moment) plus grand chose, si ce n'est des rêves de gloire, qui nous contraignent à opter pour ce que nous avons toujours dénoncé: la démagogie et l'opposition systématique.

"Internet n'est pas un intranet, gardons bien de critiquer notre parti sur la toile". Mais des efforts que nous déployons depuis des mois à grandir notre mouvement, il ne reste aucune récompense collective ou morale. Et si parfois la politique veut la prééminence absolue du chef, alors qu'il exprime ce pour quoi des milliers d'hommes et de femmes le suivent. A l'inverse nos valeurs de fond se changent peu à peu en facilités de discours. Deux ans et pas une case "projet" sur le site internet officiel, tout est là.

A en croire François Bayrou, je serais militant du Mouvement Démocrate en raison de mon désamour pour Nicolas Sarkozy. Or c'est tout l'inverse ou presque. Je ne suis pas "anti-quelqu'un", je suis "pro-autre chose". Dénoncer aujourd'hui la connivence lorsque l'on a deux ans plus tôt défendu le rassemblement, quelle cohérence?

Demain nous saurons si le Mouvement Démocrate est un parti d'avenir. C'est à dire si les français voient en lui autre chose qu'un fan club présidentiel pour 2012.

Tel le phoenix, j'ose espérer qu'il renaîtra alors de ses cendres "anti" pour devenir le parti du "pro".